| Novembre 2009 | ||||||||||
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J’aime prendre le bus, c’est un fait, et je l’ai réalisé ce soir même, en rentrant de Bordeaux. La nuit était tombée, et les lumières éteintes dans l’autocar : le chauffeur attendait l’heure exacte du départ, pas une minute de plus, ni une de moins. Bref, pendant ces quelques minutes dans la pénombre, je regardais par la fenêtre à ma droite, et ce que je vis me fit sourire. Tout semblait si figé : des dizaines de personnes attendaient patiemment leur bus, sans bouger, les mains dans les poches pour la plupart, insouciants des feuilles rouges agonisantes qui gisaient au sol, l’œil seulement perturbé par la ronde de la grande roue illuminée de la foire qui scintillait entre les branches des arbres squelettiques.
Puis au moment où je m’y attendais le moins, un cliquetis de pièces, les lumières s’éveillèrent : éblouis je regardai les passagers sans visage prendre place dans le bus. Pendant un petit moment je papotai avec un jeune homme arrivé tout droit d’Egypte, avec la plus grosse valise que j’ai eu l’occasion de voir jusqu’à maintenant, mais l’appel de l’ Adagio de Barber retentit de mon MP3, et je me plongeai bien vite dans un monde sans embouteillages, sans klaxon, sans « tôt » ou « tard ». J’observai les gens… D’où viennent-il ? Que vont-ils manger ce soir ? Qui sont-il ? C’est alors que, dans l’impasse de mon questionnement, mon regard se posa sur un homme d’un certain âge, sans savoir pourquoi mon œil se réveilla en le voyant : où et quand l’avais-je donc déjà rencontré ? Même maintenant, assise à mon bureau écoutant un concerto de Prokofiev, je ne le sais toujours pas, je me souviens seulement de ces yeux bleu myosotis et de ce visage finement taillé…
Puis, au Moulin, je descendis et pénétrai dans une nuit qui m’engourdit les doigts de son souffle frais, et je rentrai à la maison, vide…

"La musique exprime ce qui ne peut pas être dit et sur quoi il est impossible de rester silencieux."
(Victor HUGO)
"Visez toujours la lune. Même si vous ratez, vous atterrirez parmi les étoiles."
(Les BROWN)
"Bienheureux celui qui a appris à rire de lui-même : il n'a pas fini de s'amuser!"
(Joseph FOLLIET)

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