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"De la musique avant toute chose"
| Novembre 2009 | ||||||||||
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Qui m’arrache le souffle
De ses trop longues griffes
Mon sang crépite sous ma peau
Mon cœur palpite sans un mot
Tournis m’enveloppe de noir
Brume qui s’accroche à mes soirs
Feuille tremble devant cruel hiver
Souffle trop fort, vole dans sa misère
Devant l’œil de la lune elle s’endort
Sur la terre froide comme la mort
Dans ses rêves les plus profonds elle se blesse
Piquée par des traîtres regards qui la délaissent
Au réveil elle se noya dans l’eau de la pluie
Sel acide qui lui mange toute magie
Lundi matin à la cafét’
La cafétéria est calme ce matin, il est 8h54, mon petit café au lait à 0.65 € refroidit lentement à côté de ma main droite. Je l’attrape, porte le petit gobelet à mes lèvres, et c’est alors que je la sens, ce doux arôme tiède descendre le long de mon œsophage.
Je lève les yeux : une rangée de lampes illumine l’allée parsemée de tables bleues et de bancs au bois ocre. La cafétéria est belle : au dessus du comptoir les dieux grecs (ou romains) illuminés surveillent chaque jour de la semaine, sauf le week-end, quelques centaines d’étudiants qui achètent leur café quotidien… au lait, allongé, capuccino…
Sur ma table une fourmilière de petits grains de sucre blancs semble figée dans son délaissement.
A ma gauche, deux étudiants se sont posés. J’entends, plongée dans la mine de mon crayon, le froissement du papier enveloppant les deux petits carrés de sucre. Ils sont juste à côté de moi, mais leur voix sont si lointaines…
Un trou, je ne vois plus rien, seulement mon cours de philosophie sur la liberté qui repose dans mon sac au lieu d’être posé sur la table, sage, devant mes yeux. Mais ma main me démange, elle veut écrire et écrire encore, rattraper les mots qui n’ont pas eu le temps de se dessiner depuis la rentrée.
Sur le ronronnement de la radio, j’écoute le chant de la mine de crayon, musique si douce et si rythmée à la fois…
Il est 9h05, mon cours commence à 10h30 : encore 1h25 à patienter avant de retrouver notre cher Mr B*****. Comment vais-je tuer ces minutes ? Je n’en sais rien encore. Probablement dans le chapitre sur la musique médiévale et le chant grégorien de mon Abrégé de la musique.
Je vois, j’entends, je sens les grains de sucre qui me picotent l’auriculaire, et je respire. Je respire le parfum de mon voisin : il sent bon. Je connais cette odeur, quelqu’un que je connais et que j’aimais bien le portait : mais qui ?
Mon petit gobelet à demi vide de café (ou à demi plein pour les optimistes) tend vers le froid maintenant. Au moins aujourd’hui je ne commencerai pas la journée avec la langue brûlée.
Tout à l’heure j’ai esquissé un sourire… à la bibliothèque, étage des lettres, à la table d’en face, un étudiant, plongé dans son livre sur la géographie (il me semble) s’amusait à entortiller son stylo dans ses longs cheveux bouclés… quand ce crayon se retrouvé subitement pris au piège entre deux mèches rebelles… la pauvre ! Pas le crayon, l’étudiant : il essayait en vain de le sortir de ce pétrin mal venu, et ce le plus discrètement possible… =)
Une vague chante ma peur,
Un bras dessine la fureur.
Bleu comme les yeux d’un enfant ?
Larme-perle ou bien larme-épée ?
Trésor maudit par la gaieté.
Pas d’hirondelles dans les bulles
Mon épave reste en cellule.
Cette eau froide dans mes poumons,
Toute enivrée de trahison,
Me ronge tel le cauchemar
Qui me fusille du regard
Où aller dans cet océan
Bleu comme les yeux d’un enfant ?
Où est ce regard pénétrant
Qui me fit boire le présent ?

"La musique exprime ce qui ne peut pas être dit et sur quoi il est impossible de rester silencieux."
(Victor HUGO)
"Visez toujours la lune. Même si vous ratez, vous atterrirez parmi les étoiles."
(Les BROWN)
"Bienheureux celui qui a appris à rire de lui-même : il n'a pas fini de s'amuser!"
(Joseph FOLLIET)

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